Depuis le 1er octobre 2026, plusieurs mesures modifient concrètement l’accès aux soins et la prise en charge en France. Remboursement de protections menstruelles, extension de bilans de prévention, évolution du dispositif de soutien psychologique : ces changements touchent des millions de personnes et redessinent les contours de la couverture santé au quotidien.
Protections menstruelles réutilisables : un remboursement ciblé contre la précarité
Parmi les mesures entrées en vigueur, le remboursement des protections menstruelles réutilisables marque un tournant. Depuis le 1er octobre 2026, certaines culottes menstruelles et coupes sont prises en charge par l’Assurance maladie.
Le dispositif vise deux publics : les personnes menstruées de moins de 26 ans, et les bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire, sans condition d’âge. L’objectif affiché par le ministère de la Santé est de lutter contre la précarité menstruelle, un enjeu de santé publique longtemps resté dans l’angle mort des politiques de prévention.
Plusieurs points méritent attention. La prise en charge concerne les protections réutilisables, pas les protections jetables classiques. Ce choix oriente vers des produits à durée de vie plus longue, ce qui réduit le coût global pour les utilisatrices tout en limitant les déchets. Pour suivre les nouveautés sur Santé Market, cette mesure fait partie des évolutions les plus commentées de cet automne.

Mon bilan prévention élargi aux kinésithérapeutes
Le dispositif Mon bilan prévention existait déjà, mais il était réservé à certaines professions de santé. Depuis le 1er octobre 2026, les masseurs-kinésithérapeutes peuvent réaliser ces rendez-vous de prévention.
Ce bilan s’adresse à quatre tranches d’âge précises :
- Les 18-25 ans, pour repérer précocement les facteurs de risque liés au mode de vie (sédentarité, posture, alimentation)
- Les 45-50 ans et les 60-65 ans, périodes charnières où les pathologies chroniques s’installent souvent sans symptômes visibles
- Les 70-75 ans, pour adapter les stratégies de prévention au vieillissement et au risque de perte d’autonomie
L’intérêt d’ouvrir ce bilan aux kinésithérapeutes tient à leur maillage territorial. Dans les zones sous-dotées en médecins généralistes, le kinésithérapeute devient un relais de prévention de proximité. Le rendez-vous permet d’aborder des sujets comme l’activité physique adaptée ou le repérage de fragilités musculo-squelettiques, des domaines où l’expertise du kinésithérapeute est directement pertinente.
Tiers payant pour Mon soutien psy : lever le frein financier
Accéder à un psychologue via le dispositif Mon soutien psy supposait jusqu’ici d’avancer la part remboursée par l’Assurance maladie. Ce frein vient de disparaître. Depuis le 1er octobre 2026, le tiers payant est généralisé pour Mon soutien psy.
Concrètement, le patient qui consulte un psychologue partenaire du dispositif ne règle plus que l’éventuel reste à charge. La part Assurance maladie est directement versée au praticien.
Cette évolution n’est pas anodine. La santé mentale reste un domaine où le renoncement aux soins pour raisons financières est fréquent. Supprimer l’avance de frais réduit la barrière d’entrée la plus immédiate, celle du coût perçu au moment de prendre rendez-vous. Le dispositif Mon soutien psy avait été critiqué pour son faible taux de recours depuis son lancement. La généralisation du tiers payant tente de corriger ce problème structurel.

Médicaments à service médical rendu faible : ce qui change pour les patients en ALD
Le volet moins médiatisé de ces changements concerne les patients en affection de longue durée. Depuis le 1er octobre 2026, les médicaments dont le service médical rendu est jugé faible ne bénéficient plus automatiquement d’une prise en charge complète pour les patients en ALD.
Le service médical rendu (SMR) est l’évaluation par la Haute Autorité de santé du bénéfice thérapeutique d’un médicament. Un SMR faible signifie que le médicament apporte un bénéfice limité par rapport aux alternatives disponibles ou à l’absence de traitement.
Pour les patients concernés, cela se traduit par un reste à charge plus élevé sur certains traitements. La mesure s’inscrit dans une logique de rationalisation des dépenses de santé, mais elle soulève une question pratique : un patient en ALD sous traitement chronique doit désormais vérifier avec son médecin si ses prescriptions sont affectées par ce changement de prise en charge.
Franchises médicales et participations forfaitaires
En parallèle, les franchises médicales sur les boîtes de médicaments et les actes paramédicaux continuent de s’appliquer. Ces montants, prélevés automatiquement, s’ajoutent au nouveau cadre de remboursement. Pour les patients cumulant ALD et traitements à SMR faible, l’impact financier peut devenir significatif sur une année complète.
Tendances santé et prévention : ce que ces mesures dessinent
Ces quatre évolutions partagent un fil conducteur : le déplacement progressif du système de santé vers la prévention et l’accès facilité aux soins de premier recours. Le remboursement des protections menstruelles relève de la prévention sanitaire. L’extension du bilan prévention aux kinésithérapeutes élargit le réseau de dépistage. Le tiers payant pour le soutien psychologique réduit un obstacle économique concret.
Le durcissement sur les médicaments à SMR faible, lui, traduit une autre tendance : la volonté de concentrer les ressources sur les traitements dont l’efficacité est la mieux documentée. Ces arbitrages entre accès aux soins et maîtrise des coûts vont continuer de structurer les évolutions du système de santé dans les mois à venir.
Les patients comme les professionnels de santé ont intérêt à suivre ces changements de près, car chaque trimestre apporte désormais son lot d’ajustements réglementaires qui modifient la prise en charge au quotidien.



