Le commerce, qu’il soit physique ou en ligne, traverse une période de mutations rapides. Les habitudes d’achat changent, les réglementations évoluent et de nouveaux leviers technologiques redessinent le parcours client. Comprendre ces tendances du commerce permet d’identifier les actions concrètes à mettre en place pour développer son activité.
Vente de services en ligne : le relais de croissance à surveiller
En 2024 et 2025, les ventes de services en ligne ont progressé nettement plus vite que celles de produits. Selon le bilan Fevad publié en février 2026, les services en ligne ont progressé de 9 %, contre 4 % pour les produits. Ce décrochage marque un tournant pour les commerçants qui concentrent leur stratégie sur la seule vente de marchandises.
Les services concernés couvrent un spectre large : réservation, personnalisation, location, maintenance, formations. Un commerce de restauration peut proposer des cours en ligne ou des abonnements à des paniers-repas. Un commerce de détail spécialisé dans l’équipement sportif peut ajouter un service de location saisonnière.
L’enjeu est de transformer un acte d’achat unique en relation récurrente. Les commerçants qui publient régulièrement leurs actualités et analyses de marché, comme on en trouve sur le site Guide Info Commerce, disposent d’un avantage pour repérer ces opportunités avant leurs concurrents.
Fréquence d’achat et fidélisation client : ce qui change en commerce en ligne

Le commerce en ligne progresse désormais davantage par la fréquence d’achat que par la valeur du panier moyen. Ce basculement a des conséquences directes sur la manière de construire une offre et de piloter sa rentabilité.
Les offres groupées et les abonnements deviennent des formats prioritaires. Plutôt que de chercher à augmenter chaque transaction, la logique consiste à multiplier les points de contact avec le client. Un site de vente de produits alimentaires ou de santé, par exemple, a tout intérêt à proposer des réassorts automatiques.
La fidélisation ne repose plus uniquement sur les programmes à points. Elle passe par la qualité de l’expérience post-achat : suivi de commande précis, service client par messagerie directe, contenu utile envoyé entre deux achats. Les consommateurs qui reviennent régulièrement coûtent moins cher à acquérir que de nouveaux clients.
- Mettre en place un système d’abonnement ou de réassort pour les produits à consommation récurrente (alimentation, santé, hygiène)
- Utiliser la messagerie directe (WhatsApp, chat intégré) comme canal de service client pour réduire le délai de réponse
- Créer des offres groupées qui augmentent le nombre d’articles par commande sans exiger un effort de décision supplémentaire
- Envoyer du contenu pertinent entre deux achats (conseils d’utilisation, recettes, guides) pour maintenir la relation
IA générative et parcours d’achat : adapter son catalogue
L’IA générative commence à influencer directement la manière dont les consommateurs recherchent et comparent des produits. Les assistants conversationnels (intégrés aux moteurs de recherche ou aux applications de paiement) puisent dans les fiches produits, les avis clients et les descriptions techniques pour formuler des recommandations.
Un catalogue mal structuré devient invisible pour ces nouveaux intermédiaires. Les descriptions vagues, les fiches sans attributs précis ou les avis non modérés pénalisent la visibilité. Les commerçants qui investissent dans la qualité de leurs données produit (poids, composition, dimensions, conditions d’utilisation) se positionnent mieux dans ces réponses générées.
Concrètement, cela signifie revoir ses fiches produits non pas seulement pour le web classique, mais pour qu’un agent IA puisse extraire une réponse claire. Un restaurateur qui détaille ses menus avec les allergènes, les origines des ingrédients et les options de personnalisation facilite la recommandation par un assistant vocal ou textuel.

Règlement européen sur les services numériques : obligations pour les marketplaces
Depuis le 17 février 2024, le règlement européen sur les services numériques (DSA) impose des obligations à tous les intermédiaires en ligne, y compris certaines petites marketplaces. Ces obligations dépassent le seul périmètre des grandes plateformes et concernent aussi des commerçants qui vendent via leur propre site marchand avec des vendeurs tiers.
Les règles principales incluent la mise en place d’un point de contact accessible, la clarification des conditions générales de vente et la traçabilité des vendeurs professionnels. Un commerçant qui héberge des vendeurs tiers sur sa plateforme doit pouvoir identifier chaque vendeur et fournir ces informations en cas de contrôle.
Ignorer ces obligations expose à des sanctions. Pour les commerces de petite taille qui explorent la vente en ligne via un modèle marketplace, un audit des conditions générales et des processus d’identification des vendeurs s’impose avant toute mise en conformité.
Durabilité et contraintes réglementaires : anticiper les coûts
La durabilité n’est plus un argument marketing optionnel. Elle devient une contrainte réglementaire qui pèse sur les coûts et les choix d’approvisionnement. La France a notamment ciblé l’ultra-fast fashion avec de nouvelles pénalités dans le cadre de la responsabilité élargie des producteurs (REP), tandis que les règles textiles de l’Union européenne se renforcent.
Les commerçants qui anticipent ces contraintes transforment un coût en avantage concurrentiel. Afficher la traçabilité d’un produit, proposer un service de réparation ou intégrer une offre de seconde main répond à la fois aux attentes des consommateurs et aux exigences réglementaires à venir.
- Vérifier l’éligibilité de ses produits aux nouvelles obligations REP et budgéter les éco-contributions
- Intégrer un volet seconde main ou réparation dans l’offre commerciale, même à petite échelle
- Communiquer sur la composition et l’origine des produits de manière factuelle, sans greenwashing
Ces évolutions du commerce en 2024 et au-delà partagent un fil conducteur : la valeur se déplace du produit brut vers le service, la donnée et la conformité. Les commerçants qui structurent leur catalogue pour les agents IA, diversifient leurs revenus par les services et anticipent les obligations réglementaires disposent d’un socle solide, quel que soit leur secteur d’activité.



